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Politique

Samedi 28 mai 2005

Hé oui ! Après deux mois de campagne européenne, les français vont s’exprimer sur le projet de constitution européenne qui leur est proposée. 9 pays de l’Europe des 25 ont d’ores et déjà ratifié le traité, et aucun ne s’est encore exprimé à l’encontre de celui-ci.

Cette campagne fut sans précèdent : statistiquement, jamais dans les sondages il n’y avait eu trois changements de tendance consécutifs. C’est maintenant fait … Cette campagne fut dynamisée notamment par l’émergence dans les grands partis de voix discordantes qui ont séduits bon nombre de français : Dupont-Aignan (UMP) à droite, Fabius et Mélenchon (PS) …

Seul problème : quelles sont les raisons qui poussent apparemment les français à voter oui ou à voter non ??? Appelés à s’exprimer sur le projet de constitution, les électeurs semblent souvent se décider sur des critères extérieurs au débat : les partisans du non souhaitent sanctionner le gouvernement, ceux du oui appuient sur le fait que voter non, c’est voter comme l’extrême droite.

Les évènement marquants de la compagne sont le retour (annoncé) de Lionel Jospin, qui a réalisé une très bonne impression par deux fois dans les JT, les formules de Raffarin suscitant souvent l’hilarité (" pour le oui je dis non au non "), la démonstration de Giscard qu’il n’y a pas de plan B en cas du victoire du non, à l’aide d’un ballon de baudruche estampillé plan B et d’une aiguille et l’implication de Chirac sur le dernier mois, voyant la victoire du non se profiler. Ce dernier a fait preuve d’une dernière déclaration agressive de 10 minutes jeudi soir, où il s’est évertué à rappeler pourquoi le oui devait selon lui passer, mais aussi à culpabiliser les électeurs qui voteraient non …

A trois jours du scrutin, le Non semble ne pas pouvoir perdre avec 55% dans les sondages.

A l’issue de cette campagne étrange, les français mettront leur bulletin dans l’urne, dimanche.

Par Adam Carter
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Mardi 31 mai 2005

Les français se sont prononcés massivement ce dimanche 29 mai pour un refus de la proposition de constitution européenne. Le NON l’a emporté à 55.1 % lors de ce scrutin. Autre élément majeur : un taux de participation record ce qui donne encore plus de force à ce NON : 29 % d’abstention.

Si l’on regarde laréparttionn des votes, le NON est majoritaire au PC (98 %), ches les Verts (60 %), à l’extrême gauche (94 %) et même chez les socialistes (59 %). Tout comme au MPF de De Villiers et à l’extrême droite (93 %). Le OUI l’emporte à l’UDF (82 %) et l’UMP (79 %).

Les différents ténors du oui et du non ont bien sûr réagi sur les plateaux télé dès que les résultats furent rendus publics, à 22 heures.

Les tenants du OUI de gauche ont rappelé ce que montre le sondage Ipsos réalisé à la sortie des urnes : les raisons qui ont poussé les gens à voter NON sont dans l’ordre sont la situation économique et sociale de la France (52 %), puis la peur des dérives sociales que pourrait susciter ce traité (50 %), puis un rejet du fédéralisme d’Etats européens (39 %). Ainsi, la politique intérieure a poussé les gens à ne pas voter comme le gouvernement. Ce^pendant ce serait manquer de respect à ceux qui ont voter NON deles accuser de ne pas a voir lu ou compris cette constitution …

En effet, si les tenants du NON ont mis en exergue la situation difficile de la France après trois années du quinquennat de Jacques Chirac, ils ont aussi réussi à convaincre les français des conséquences que les articles de ce texte peuvent engendrer à leur désavantage, comme par exemple la directive Bolkenstein.

En outre comme le rappelle Jean-Marc Ayrault (président du groupe PS à l’Assemblée Nationale), il est plus difficile de rassembler que de diviser : il ne pouvais subsister qu’un OUI (l’acceptation du traité) alors qu’il existe une foule de NON. Le NON de gauche incarné par Marie-Georges Buffet (PC), Laurent Fabius (PS), Jean-Luc Mélenchon (PS), et le duo Besancenot/Laguillier (LR/LO) n’est pas du tout le même que le NON souverainiste de Philippe De Villiers (MPF), le NON anti-européen mais démocratique de Nicolas Dupont-Aignan (UMP), qui évoque le « carcan européen » ou celui anti-européen tout court de Jean-Marie Le Pen (FN). Ainsi certains le rejettent car il est trop libéral, d’autres parce qu’il prône une Europe politique, … Le NON a donc de multiples facettes, qui l’ont fait triompher avant-hier soir.

Il se peut cependant qu’on le ne retrouve pas, comme le craint Noël Mamère (les Verts), un projet européen qui soit aussi fédérateur en Europe avant longtemps. Le président de la commission européenne a quant à lui évoqué le résultat, affirmant que cela poserait un problème en Europe, et que si la France est essentielle dans la construction européenne, l’Europe l’est aussi dans la construction de notre pays (PAC, …) et qu’il ne faut pas non plus s’attendre à une renégociation pour 30 millions de français partisans du NON. IL faut donc attendre la fin du processus de ratification et aviser ensuite. Cette semaine Les Pays-Bas rejoindront la France dans le camp du NON, car le traité offre une trop grande place à l’Allemagne et à la … France !

Par Adam Carter
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Mercredi 1 juin 2005

Dans son allocution, le président de la République a affirmé qu’il prenait bonne note de ce résultat massif, mais qu’il se contraindrait aussi à la logique européenne lors des prochains sommets, faisant craindre un manque de représentativité certain des citoyens, ce qui pousse les ténors de tous partis à demander sa démission … D’autre part, il avait annoncé trois jours avant le scrutin des changements dans l’équipe gouvernementale. Après sa dernière déclaration, on peut supposer, comme l’ont faits les invités des plateaux télé, que Chirac « n’a pas entendu le message délivré par trois fois déjà au printemps 2004 » (M-G Buffet, PC et S.Pocrain, Les Verts)

Dominique De Villepin a quant à lui poser les jalons pour rallier Matignon : « il faut mesurer les attentes de français ».

Nicolas Sarkozy a quant à lui clairement montré qu’il voulait porter le projet de la droite en 2007, étant donné que, selon lui une rupture est nécessaire … Ainsi il se propose pour la tâche afin de fédérer la France tout en soutenant le Président de la République …  

François Hollande a appelé au rassemblement du PS, des ténors du OUI et du NON, pour proposer un projet constructif aux français en 2007, afin de reprendre l’Elysée à la droite. Si certains ténors du NON y sont clairement favorables (Mélenchon, Montebourg ?, …), il faudra du temps pour que Fabius et les anciens ministres de Jospin se retrouvent …

Bertrand Delanoë pense quant à lui que ce NON n’aura pas d’effet nuisible à la candidature de Paris pour les JO de 2012, d’autant plus que Paris s’est massivement prononcé en faveur du OUI.

Les forces d’extrême gauche appellent aux grandes manifestations en juin si le gouvernement ne change pas de ligne conduite d’ici la fin de la semaine. Difficiles journées sociales en perspectives …

 

De Villepin premier ministre

C'est finalement bien le patron du quai d'Orsay puis de la défense qui va s'installer à Matignon. Sarkozy, Alliot-Marie, voire Douste-Blazy et Fillon étaient pressentis également mais c'était bien De Villepin qui tenait la corde. Annoncé depuis lundi, il succède à Jean-Pierre Raffarin, et a pour difficile tâche de relancer la droite à 22 mois des présidentielles de 2007. Des réformes pour recrédibiliser le gouvernement, voilà son futur proche ...

Par Adam Carter
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Mercredi 8 juin 2005

Après la France, qui a dit NON à 55 % au projet de constitution européenne, les Pays Bas ont balancé un gigantesque NEE à la face de l’Europe : 63 % des hollandais refusent la ratification de ce traité.

Tony Blair, qui prendra la présidence de l’Union Européenne, dirigée actuellement par Jean-Claude Juncker, a d’ores et déjà annoncé qu’il diffèrerait le référendum en Grande-Bretagne. En effet, si Blair soutient le YES, le NO est décomplexé par le NEE et le NON. Tony Blair, mal en point politiquement ne prendra donc pas le risque de prendre une claque lors d’élections européennes dont l’issue n’aura de toute façon pas grande influence dans la construction européenne. En effet, il serait politiquement pour lui difficile de se relever d’une désillusion européenne et laisserait le champ libre à l’opposition. En outre, le procédé de ratification est déjà inopérant : deux des six pays fondateurs de l’union européenne l’ont d’ores et déjà rejeté. Ainsi le processus est gelé. Que doit-on attendre de l’avenir ? Une clôture immédiate du processus ? Un gel ? Une nouvelle mouture ?

Par Adam Carter
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Mercredi 15 juin 2005

Il y a 15 jours, la France a dit non à 55% à la constitution européeenne. Mais si Jacques Chirac a été élu à 82 % en 2002, du fait de son opposant direct, sa cote de popularité devrait bientô atteindre les 20 %. Le réferendum a encore accéléré un peu plus sa descente dans les sondage, et le président pour enrayer cette dynamique, qui lui serait fatale en 2007 si elle ne s'inversait pas rapidement, a donc remodelé son gouvernement.

Exit Raffarin qui cristallisait les rancoeurs, mais qui faisait un bon fusible pour le chef de l'Etat. Le nouveau premier ministre n'est autre que Dominique De Villepin, homme phare du gouvernement et grand orateur à la tribune de l'ONU lorsqu'il a fallu s'opposer aux Etats-Unis à la tribune des Nations Unies. L'équipe gouvernementale est basée sur cinq piliers : Nicolas Sarkozy, qui fait son retour au ministère de l'Intérieur, Michelle Alliot-Marie, qui reste à la Défense, où elle est très appréciée, Philippe Douste-Blazy prend quant à lui les commandes du Quai d'Orsay et succède donc à Michel Barnier. Enfin Jean-Louis Borloo, premier ministrable, conserve son ministère des affires sociales. Autour de son quintette, De Villepin a reconduit les hommes de confiance : De Robiens, qui hérite de l'Education Nationale, Dominique Perben qui lui succède aux Transports et Jean-François Lamour aux Sports. Il a de plus nommé des jeunes loups prometeurs pour l'UMP, comme Baroin à l'Outre-Mer ou Loos à l'Industrie. Ce gouvernement aura bien du mal a convaincre les français, qui estiment d'ores et déjà à 69%, que l'échec est inévitable ...

Par Adam Carter
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Mardi 21 juin 2005

Jacques Chirac est au plus bas dans les sondages ces derniers temps. Ce lundi, on lui confère 73% d'opinions mécontentes, ce qui est un record : même François Mitterand, en son temps, n'avait pas réussi pareille performance ... En outre, il doit faire face à un échec de la plupart des politiques de santé et d'avancées sociales mises en places par ses ministres du gouvernement Raffarin, Philippe Douste-Blazy et Jean-Louis Borloo. Pour ne rien arranger, la situation politique de la France dans l'Europe n'est pas des plus enviables et les média étrangers fustigent à son tour l'attitude élyséenne : après Newsweek (voir article du 19 mai 2004), c'est maintanant un quotidien italien des plus sérieux, Il sole 24 ore, qui s'en prend au chef de l'Etat français, mettant en avant "son attitude fatiguée et déprimée, son peu d'entrain et son unique voloté d'occuper le terrain d'ici 2007", en se cachant derrière le NON massif, "pour ne pas mouiller la chemise". Les temps sont durs pour Chirac, et ce n'est pas son duo de frères ennemis Villepin-Sarkozy qui est le plus susceptible de l'aider : comme le met en avant L'Express, on s'engage comme une cohabitation à 3 d'ici 2007 ... Du jamais vu ...

Par Adam Carter
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