Mercredi 6 juillet, 13h42 : Londres accueilera les JO d'été en 2012, et son directeur de campagne Sebastian Coe devient selon le Daily Telegraph le Seigneur des Anneaux, et Tony Blair un excellent chef d'état ! Le londonien est versatile : il y a un an, il criait au loup : les JO n'avait pas la cote et Tony Blair non plus. Il y a deux jours, ce dernier n'était toujours pas au mieux et là, il était le héros. La joie olympiqe des londoniens est palpable dans les rues, les yeux rivés sur les écrans géant, presque incrédules.
Jeudi 7 juillet, 9h49 : 6 détonations, au moins, se font entendre simultanément dans le métro londonien et dans un autobus. Quelques cris, un peu de panique, les secours, les sirènes. Non, vous n'êtes pas devant un épisode de Mi-5. Le Mi-5 n'a d'ailleurs cette fois apparemment rien pu faire : ceci est la réalité. Les londoniens sont toujours incrédules. Mais la joie immense a laissé place à la stupeur, à la colère, à la haine de cette barbarie si atroce, si lâche. Et c'est comme s'ils s'y attendaient, tant la panique fut évitée au maximum. Des blessés, des morts, du sang. La peur. Celle que chaque londonien ressent : celle d'avoir perdu un ami cher, un parent, son conjoint. Mais celle-là s'en ira. Chassée, lorsque les marques des attentats dans les rues et sur les visages auront disparues. En revanche, les londoniens ont désormais peur : comment reprendre le métro, le train après ces attentats, comment être insouciants ? Pour cela ils devront réagir comme les madrilènes, frappés eux aussi en plein coeur d'une manière similaire. Et ça les londoniens en sont conscients. Plus ou moins, encore sonné par l'uppercut terroriste.
Des méthodes déjà employées
On ne peut s'empêcher des remarquer les fortes similitudes entres les attentats de Londres et ceux de Madrid. Des explosions coordonnées, qui visent les transports en commun les plus employés dans chaque ville. La barbarie n'a donc pas d'autres limites que cellesdu cerveau (in)humain ... Cruelle ironie. Tous s'est apparament passé comme les terroristes l'avait prévu. Rien n'a enrayé, encore une fois, leur stratégie destructrice. Des décharges placées dans le métro, sous un bus. Des dégâts visbles et surtout une manière de dire aux londoniens : le terrorisme va vous faire changer vos habitudes, vos envies, votre vie. La volonté de s'immiscer dans le quotidien, de la gangréner est sans doute la matque de fabrique la plus horrible qui soit. S'il est encore trop tôt pour dire si les origines sont communes, c'est toutefois l'hypothèse la plus évidente. D'ores et déjà les officiels londoniens préparent les londoniens au fait que ces attentats, que l'on sait kamikazes ne seront sans doute pas les derniers. La liste des 45 morts et 700 blessés pourrait malheureusement s'allonger.
Des revendications, et un dilemne pour Blair ?
Il n'aura fallu que quelques heures pour que ces attentats soient revendiqués dans un communiqués : "Londres brûle de peur" est le constat de ce communiqué, qui promets d'autres attentas de cette trempe très vite si les pays européens ne retirent pas très vite leurs troupes d'Irak. Tony Blair se trouve aujourd'hui dans une position difficile, alors qu'hier tout était à nouveau bon pour lui. Il devra faire le choix entre sa politique des affaires étrangères, toujours menée de front avec les Etats-Unis, ou sans doute des voix aux prochaines élections : en effet Jose Luis Zapatero avait battu Aznar en Espagne notamment grace à sa promesse (tenue) de retirer ses troupes du sol irakien. on peut penser que l'opposition n'hésitera pas à se servir de cette idée ...